mardi 8 mai 2012

Doudou Leulier est parti...


Je viens de recevoir ce message de mon ami Michel Marteling :
"Triste nouvelle, le Cercle vient de perdre son fondateur, Hubert Leulier, médecin et passionné de voitures anciennes, il avait 89 ans.
"Doudou" pour ses amis, était hospitalisé à Laon depuis quelques semaines en compagnie de son épouse Odette, de trois ans son aînée au centre de gériatrie de Laon.
Cela faisait un peu plus de dix ans qu'il ne sortait plus mais il a su durant 30 ans transmettre aux jeunes générations une passion et une culture profonde pour l'automobile ancienne, et plus encore pour certains car Hubert Leulier avait la mémoire pleine de souvenirs qui ont marqué leur époque.

Il a fait toutes ses études au lycée de Reims,  passé la première partie de son BAC au cours de l’exode de Toulouse, retour en Champagne en septembre 1940 il fait sa philo et il passe le concours d’internat ce qui lui évite d’aller à Paris.
Mobilisé en janvier 1945 il devient médecin aspirant où il commence par les visites d’incorporation. Il fait ensuite du tri sanitaire à la base américaine de Mourmelon. Travail éprouvant à 22 ans, car il s’occupait des personnes qui revenaient des camps de prisonniers, du STO mais aussi ceux qui revenaient des camps de déportés dont la plupart décédaient sur place. Après avoir fini son temps d’étude et avoir passé sa thèse il s’installe médecin de campagne à Bruyères et Montbérault en septembre 1948. Quarante ans plus tard il prend sa retraite dans sa maison de Vaucelles et Beffecourt à proximité de Laon où il se consacre pleinement à sa passion de l’automobile ancienne.

Voici ce qu’il nous écrivait il y a quelques années :
 « Ma passion pour les voitures anciennes remonte aux années 1960 quand j’ai commencé à occuper mes loisirs (j’en avais peu, vu ma profession de médecin de campagne) en fabriquant des maquettes de « tacots », jusqu’au mois de décembre 1963, quand j’ai vu devant un garage, exposée une Ford T de 1919 à vendre… Mon épouse, quand je suis rentré à la maison m’a dit « quoi, tu ne l’as pas achetée ! » …
Je suis allé la chercher et avec l’aide d’un copain je l’ai ramené à la maison. Elle était roulante à restaurer. Pendant sa restauration, j’ai accumulé les documents concernant son fonctionnement qui n’avait rien à voir avec celui des voitures classiques.
Sa première sortie fut l’anniversaire des 4 heures de Dieppe en avril 1964 (parti jusqu’à Dieppe par la route et retour, sans assistance). Cette m’a fait connaître un grand nombre d’amateurs avec lesquels j’ai encore des contacts d’amoureux de la voiture ancienne.
Puis ce furent trois Citroën 5 CV, deux Renault NN, un coupé Fiat Balila, une NSU-Fiat qui passèrent entre mes mains, avant l’achat d’une 301 Peugeot en parfait état en mars 1967 avec laquelle j’ai participé au 1er Paris – Nice en mai 1967… Là j’ai rencontré d’autres collectionneurs avec de belles voitures : Delage, Delahaye, Talbot, etc… De retour avec mon épouse (toujours par la route) , après avoir revendu Citroën, Renault et les autres nous sommes allés chez un copain « casseur » à Amiens et collectionneur de voitures anciennes qu’il ne cassait pas, pour visiter sa collection.
Il y avait de belles choses, dont une AMILCAR CGSs … Ce fut le coup de foudre (nous en avions vu rouler pas mal lors du Paris – Nice).
Je l’ai achetée et ai achevé sa restauration. Elle était en bon état puisque sa première sortie fut le Rallye de Mons en Belgique en août 1967, ce qui nous fait connaître d’autres amateurs de voitures anciennes dont pas mal avaient des AMILCAR … Puis ce fut Paris – Deauville en septembre 1967 … Connaissant un « casseur » non loin de chez moi, j’y suis allé un jour faire un tour, à la recherche de pièces pour la 301 Peugeot et je suis tombé sur une épave d’AMILCAR : châssis, moteur, boîte, radiateur, tableau de bord. J’ai acheté le tout pour avoir ds pièces pour mon CGSs. Mais manque de chance, c’était une épave de CC et aucune pièce ne correspondait à la CGSs … Donc j’en ai commencé la restauration. A cette époque, on trouvait relativement facilement des pièces chez les casseurs : essieu avant, pont arrière, couple conique, calandres.
Et ce fut la restauration du « Skiff » qui a fait le second Paris – Nice en 1969, sans ennui.
Quelques années plus tard, en 1976 au cours du rallye AMILCAR – Salmson en Belgique il y avait beaucoup de voitures de la marque et l’idée m’est venu de créer un groupement de ces amateurs d’AMILCAR.
C’est ainsi que fut fondé l’année suivante avec une poignée d’amateurs le Cercle Pégase AMILCAR… Rapidement le nombre d’adhérents a augmenté et le fichier du club a vu passer plusieurs centaines de noms…
Fidèle à la marque, j’ai quand même eu l’occasion de conduire une Bugatti 40, mais j’ai préféré l’AMILCAR, qui se conduisait plus facilement et ne posait pas de gros problèmes techniques.
Malgré la collection d’AMILCAR qui m’est passé entre les mains : CC, CS, trois C4, M2, M3, CGS, CGSs, je reste fidèle à celles qui me restent et mon plus grand plaisir est de participer, quand ma santé le permet, aux manifestations AMILCAR … Des souvenirs, je ne saurais les citer, tellement il y en a : les Paris –Nice, Paris – Deauville, Rallyes en Belgique, puis les rencontres de Cercle Pégase AMILCAR à travers la France et il y en a ! … Comme je ne peux conduire qu’une AMILCAR à la fois, et que les copains auxquels je prêtais mes voitures ont été pris par leur famille ou leurs propres, j’ai vendu une grosse partie de mes AMILCAR à des amis (ce qui me permet de les revoir souvent) et en ai gardé trois auxquelles je tiens particulièrement, en particulier le fameux Skiff. »


Hubert Leulier est également le Président fondateur  du Groupement des Amateurs de Voitures Anciennes de Picardie (GAVAP) qu’il avait crée en 1972 et qui porte le N° 35 à la F.F.V.E.

En 1988 il a aussi occupé le fauteuil de  Maire durant deux ans à Vaucelles et Beffecourt, mais il n’avait pas la fibre politicienne. Passionné de la première et de la seconde guerre mondiale il lisait beaucoup d’ouvrages et il se rendait souvent sur les sites historiques comme Verdun, la Somme ou le Chemin des Dames…

C’est sur cette terre d’histoire que ses obsèques se dérouleront le vendredi 11 mai 2012, à 10h en l’église de Craonne.

Tristement et Amilcarement,

Michel Marteling."


Michel fut le témoin de mon mariage et Doudou a amené Sophie dans sa Donnet-Zedel à la mairie...
C'est grâce à sa gentillesse et celle d'Odette son épouse que nous avons trouver une famille formidable chez les amilcaristes... Il restera dans mon cœur...


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