dimanche 20 janvier 2013

L’AVION BUGATTI : LA PERLE RARE (1/2)


Par Igor Biétry - photos DR

Ettore Bugatti est incontestablement l’un des plus brillants constructeurs automobiles de l’histoire. Ce que l’on sait moins, c’est qu’associé à Louis de Monge, il a créé un avion époustouflant : le Bugatti 100P.  Retour sur les aventures aéronautiques du Patron de Molsheim.

16 cylindres Bugatti
Ettore Bugatti s’est intéressé aux moteurs aéronautiques dès l’année 1916. Après avoir accompagné sa famille à Turin lors du déclanchement des hostilités, il est revenu en France pour se mettre « à disposition » de l’effort de guerre et à même offert ses services à la firme Panhard pour la conception d’une mitrailleuse ! Durant toute la durée de la guerre parmi ses nombreuses activités, la création d'un moteur aéronautique étaient une priorité.

Dès la première guerre...
Le premier moteur était un 8 cylindres  de 14,5 litres et un peu plus de 300 kg, dont il vendu la licence à l'italien Diatto. Le bestiaux initialement prévu pour donner 150 ch en développait finalement près de 210 ch ! Cette mécanique Bugatti avait beaucoup de similitude avec le 5 litres de la Type 18 « Roland Garros ». La licence de ce moteur fut également vendue à Delaunay-Belleville qui reçu une commande du gouvernement français pour sa fabrication. Malheureusement la commande en question fut révoquée par la suite. Le moteur ne fut donc jamais construit.
Les américains se sont eux aussi intéressés aux moteurs Bugatti. Il leur fallait des moteurs susceptibles de compléter l’offre que représentait le V12 Liberty. Bugatti avait pour se faire créé un seize cylindres (deux rangs de huit) qui développait au alentours de 420 ch.

Jusqu'à 32 cylindres... mais sans succès
32 cylindres en H pour le Breguet Leviathan
Le 16 cylindres fut confié à la société Duesenberg et c’est Charles King qui se chargea d’améliorer le moteur. A grand désarroi d'Ettore Bugatti qui voyait d'un très mauvais oeil qu'on vienne corriger sa copie ! Les premiers essais étaient concluant et le moteur développait 500 ch. Un lot de 200 moteurs fut commandé avec un programme de 2000 unités à produire. Le 11 novembre 1918, quelques moteurs seulement étaient sortis des chaines de montages. On sait cependant qu’au moins un de ces moteurs Bugatti à volé. Georges Lepère fit décoller son Packard-Lepère LUSAGH-21 en novembre 1918. Le résultat fut loin d’être probant avec des problèmes de surchauffe tels qu’ils faillirent mettre le feu à l’avion. Ce fut l’unique vol du moteur Bugatti ! Certains de ses 16 cylindres ont servi à entrainer des ventilateurs dans les studios d’Hollywood d’autres furent monter sur des vedettes ultra-rapide qui servaient aux contrebandiers durant la prohibition. Des « go-fast » avant l’heure ! Le 16 cylindres fut repris ensuite chez Breguet pour les gros porteurs Leviathan accouplés ils devenaient un 32 cylindres en H... Le succès, là encore, ne fut pas au rendez-vous.

Association Bugatti-de Monge
Au début des années 20, les usines Bugatti ont étudié un 34,3 litres, mais il n’existe pas de preuve que le moteur soit effectivement sorti de la table à dessin. En revanche le Type 50B, un 8 cylindres en ligne à compresseur de 4,7 l capable de délivrer 500 ch fut commandé par le gouvernement français en 1938 en même temps que l’avion conçu avec la complicité de Louis de Monge.
Au début des années 30, contré par les écuries Allemandes et Italiennes, véritables outils de propagandes gouvernementales, Bugatti ne brillait plus en course comme lors de la décennie précédente. Le succès commercial n’est plus non plus franchement de mise et la firme alsacienne ne tient son salut que grâce au marché des autorails qui vient à point nommé. Les fonds étant de retour, le patron peut se livrer, de nouveau à des « expériences». Plusieurs projets sont ainsi élaborés autour des records de vitesse. Sur rail, il obtient le record du monde en 1934 avec une vitesse de 194 km/h. On sait également que les records de vitesse sur route était dans le collimateur d’Ettore Bugatti mais rien de concret ne sortit de Molsheim à ce sujet, et puis vint évidemment l’idée de faire quelque chose du cotés des airs !
C’est à cette période qu’Ettore Bugatti reprend contact avec Louis de Monge qu’il avait rencontré une dizaine d’année auparavant. Le Vicomte Louis de Monge de Franeau est lui aussi un original. Constructeur d’avions dès 1911, très vite ses recherches se portent sur les records de vitesse. La question posée à de Monge fut simple : « Pouvez vous faire un avion capable de battre le record du Monde de vitesse, équipé de deux moteurs de 500 ch chacun ? » La réponse par l’affirmative permis à Ettore Bugatti de lancer le projet.

(à suivre)
toutes les sources seront cités dans la 2e partie à paraitre.

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